vendredi 5 août 2011

Culture de l’Azerbaïdjan

L’Azerbaïdjan, situé au Carrefour de l’Orient et de l’Occident, est considéré comme l’un des foyers de civilisation anciens, contribuant ainsi à la naissance et au développement  de la culture mondiale. Ce pays ancien apporta au patrimoine culturel mondial de nombreux monuments archéologiques et architecturaux, graffiti, peintures rupestres, manuscrits, de la musique originale, comprenant le mugham, l’art distingué du tapis, considéré comme des joyaux du patrimoine historique et dont des centaines de modèles trouvèrent leur place dans les musées du monde.
Dans l’ensemble de l’Orient musulman, c’est en Azerbaïdjan que furent créés le premier théâtre non religieux, le premier opéra, le premier ballet et la première Académie des Sciences .
La nature clémente, le climat, la richesse des resoures naturelles du pays ont influencé considérablement la pensée artistique et les savoirs créatifs du peuple azerbaïdjanais. Même si chaque art parcourut son propre chemin de développement, long et compliqué, ensemble ils représentent un tout unique et permettent d’avoir une idée claire sur l’art et la culture de l’Azerbaïdjan.
La vie quotidienne et le mode de vie tiennent une place très importante dans les créations artitiques du peuple azerbaïdjanais. De l’antiquité à nos jours, l’artisanat englobe une sphère importante, à partir des vêtements jusqu’aux objets du logement et de la décoration.
Les peintures rupestres de Gobustan qui couvrent la période de l’ère paléolitique au Moyen- âge, les peintures appartenant au début de l’âge de bronze (IIIème millénaire avant J.-C.) dans les montagnes Ayi Tchynguyly et Peri tchynguyly près du lac Zalkha dans la région de Kalbadjar et les peintures dans les montagnes de Gamigaya dans le nord de la ville d’Ordubad ont une importance exceptionnelle parmi les plus anciens modèles des arts plastiques.
Au Gobustan, situé sur le territoire bordé par la mer Caspienne et surplombé par les pentes sud-est des montagnes du Grand Caucase, on peut trouver les traces de toutes les époques de l’ère paléolithique au Moyen-âge. Les pétroglyphes qui s’y trouvent sont des monuments archéologiques précieux et exceptionnels retraçant grafiquement les activités humaines, le mode de vie et la vision du monde de la société préhistorique. Les roches du Gobustan recèlent une remarquable collection de plus de 6 000 gravures rupestres. Elles représentent des scènes de  chasse, de pêche et de la vie quotidienne, des danses collectives, différentes symboles, des représentations de la voûte céleste et des signes du Zodiaque.
En 2007 la réserve nationale de Gobustan a été inscrite sur la « Liste du patrimoine mondial » par l’UNESCO.
La fête de Novruz a une place particulière parmi les valeurs morales sauvegardés par le peuple azerbaïdjanais. Novruz est la fête traditionelle la plus populaire et l’une des plus anciennes, associée à l’arrivée du printemps et à la renaissance de la nature. Pendant les festivités du Novruz, on pratique des coutumes et activités traditionnelles diverses. On prépare des friandises et confiseries de bonne qualité, on plante les graines germées symbolisant Novruz. La beauté principale de Novruz c’est une centaine de feux de joie allumés partout à ciel ouvert. Le feu de joie c’est la cérémonie qui marque la fin de l’hiver ainsi que l’appel au Soleil, qui symbolise la saison chaude du printemps.
En 2009 la fête de Novruz a été inscrite sur la  « Liste du patrimoine immatériel » de l’UNESCO, et le jour du 21 mars a été déclaré « Jour International du Novruz » lors de la 64ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU.
Ayant des racines très anciennes, l’Azerbaïdjan possède sa propre école de peinture. La forme la plus ancienne est la peinture murale. Les traditions de la peinture monumentale azerbaïdjanaise se trouvent dans le palais Sardar à Erevan, dans le palais des Khans de Sheki et sur les peintures murales d’une série de maisons à Shusha. Les représentants éminents de l’école de peinture d’Azerbaïdjan sont M.M. Navvab, A.Azimzade, B.Kangarli, A.Huseynzade, S.Bahlulzade, T.Narimanbekov, B.Mirzazade, M.Abdullayev, T.Salakhov et d’autres.
Le Musée d’Art Moderne a été créé à Bakou en mars 2009 sur l’initiative de la Fondation Heydar Aliyev. Le Musée abrite plus de 800 travaux des jeunes peintres et sculpteurs connus de l’Azerbaïdjan, qui travaillent essentiellement dans le style avant-gardiste. Les oeuvres des autres peintres et sculpteurs azerbaïdjanais y sont également exposées. Les monuments de Nizami Gandjavi à Gandja (1949) et à Bakou (1949), les sculptures de « Femme libre » (1960), de Samed Vurgun (1961), du héros de l’Union soviétique M.Husseynzade (1973)(sculpteur : F.Abdurrahmanov) ; les monuments dédiés à M.A.Sabir (1958), N.Narimanov (1972) (sculpteur : C.Garyagdy) ; le monument  « Fuzuli » (1962) (les sculpteurs : O.Eldarov et T.Mammadov) ; les statues monumentales U.Hadjibeyli(1962), « Nassimi » (1979)(sculpteur :T.Mammadov) ;  les monuments de X.Natavan (1960), H.Zardabi (1973), M.Magomayev (1987) et H.Cavid (1993), le buste monumental à Nakhtchyvan du leader national Heydar Aliyev (1983) et le monument funéraire à Bakou (2004), la composition sculpturale « Elégie » en mémoire de l’académicienne Z.Aliyeva (1989) (sculpteur : O.Eldarov) sont des exemples remarquables de la sculpture azerbaïdjanaise.
La fondation Heydar Aliyev qui attache une importance particulière à la conservation et la restauration des biens historiques et culturels, a réalisé des travaux de restauration dans le parc du Château de Versailles, classé depuis 1979 au patrimoine mondial de l’humanité, afin de protéger et conserver les monuments publics anciens, abîmés par le temps et les conditions climatiques.
Les arts plastiques en Azerbaïdjan furent toujours en lien organique avec l’architecture. Branche des arts plastiques, l’architecture se développa en effet depuis l’antiquité. Inscris sur la « Liste du patrimoine culturel mondial » la Tour de la Vierge et le palais des Shirvanshakhs, ainsi que les tombeaux de Momina Khatun et de Youssif ibn Kusseir, créations de l’architecte Adjami à Nakhtchivan, le palais de Khan Panahali, la maison-musée de Natavan à Shusha, le palais des Khans de Sheki constituent des perles uniques de l’architecture azerbaïdjanaise. L’histoire de arts décoratifs est très ancienne en Azerbaïdjan. L’expression artistique des artisans de différents arts décoratifs s’exprime dans la fabrication de bijoux, de gravures sur pierre, ainsi que dans le tissage, le textile et la broderie, et en particulier dans l’art du tapis. L’âge des objets métalliques d’artisanat trouvés à Nakhtchyvan, Minguétchévir, Gadabay, Gazakh, Gandja remonte à près de 5 000 ans. Les ustensiles de cuisine, les armes, les échantillons de décoration ne sont pa uniquement des objets historiques, mais aussi une source d’information importante sur les savoirs-faire des artisans.
Les portes de Gandja créées en 1063 par Osmanoghlu Ibrahim, la cruche en bronze créée par Osman Nakhtchyani (1190, Louvre, Paris), la cuve en bronze créée en 1399 par Abdoulaziz Shafaraddin oglu Tabrizi (la mosquée de Khodja Ahmad Yasavi, République du Kazakhstan) sont des exemples admirables de l’art en métal.
Les célèbres portes de Gandja, réalisées par le forgeron Osmanoghlu Ibrahim et emportées par des inconnus à la suite d’un tremblement de terre. La réplique de ces portes fut exécutée dans la manière de l’original en 2008 par la Fondation Heydar Aliyev. Elles sont décorées des ornements traditionnels et sont installées à l’entrée de la ville de Gandja.
L’art du tapis est la branche la plus élaborée des arts décoratifs. Selon les découvertes archéologiques et les sources écrites, on date la fabrication des premiers tapis sur ce territoire à l’âge de Bronze (fin du IIème millénaire avant J.C., début du IIIème millénaire avant J.C.). Hérodote, Claude Elien, Xénophon et les autres historiens antiques évoquent le développement de l’art du tapis en Azerbaïdjan.
Créé en 1967, Le Musée National du Tapis azerbaïdjanais et des Arts appliqués est le premier musée spécialisé dans ce domaine qui possède une aussi grande collection de tapis uniques. On construit à Bakou un nouveau bâtiment pour le Musée National du Tapis azerbaïdjanais et des Arts appliqués à l’initiative de la Fondation Heydar Aliyev et avec le soutien de l’UNESCO. Pays à l’héritage culturel riche, l’Azerbaïdjan n’est pas uniquement connu comme le Pays du Feu, mais aussi pour sa musique envoûtante. Parmi les pétroglyphes de Gobustan, les peintures rupestres de la danse collective « Yalli »retiennent une attention particulière. Elles témoignent de l’intérêt du peuple azerbaïdjanais pour la musique depuis l’antiquité.
Les instruments de musique existaient depuis des temps immémoriaux. Le gaval-dashy à Gobustan, instrument musical qui ressemble au balaban trouvé à Minguétchévir, le confirme bel et bien. Du Moyen-âge à nos jours, les instruments musicaux comme le kamancha, le gopuz, le rubab, le tchang, le santur le ganun, le sheypur, l’ardjanun, le tabil, le naghara, le daf et le dumbak sont très utilisés.
Au Gobustan certains rochers se diffèrent des autres par leur composition physique et caractéristique géologique. De ce point de vue, l’un des monuments les plus intéressants est le rocher « Gaval-dashy » dont la spécifité est de produire des sons d’instruments à percusion lorsqu’on le frappe avec une pierre.
Dans les Dastans (poèmes épiques) de « Kitabi Dede Gorgud » (VIIe siècle), dans les oeuvres de Nizami, Khagani, Fuzuli, on peut trouver les informations concernant les genres et les instruments musicaux du Moyen-âge.
Dans l’art musical national azerbaïdjanais, les genres comme les chansons et danses populaires et les chants des Ashygs ont une place particulière. Considéré comme le fondement de la musique nationale azerbaïdjanaise, le mugham fut inscrit en 2003 sur la « Liste des chefs-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité », et l’art des Ashygs en 2009 sur la « Liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Pour faire connaître le mugham  azerbaïdjanais dans le monde, le Centre International du Mugham fut créé en 2008 à Bakou. La forme du bâtiment rappelle des parties de l’instrument musical antique appelé tar.
Le XX ème siècle est une étape importante dans l’histoire musicale de l’Azerbaïdjan. Pendant cette période une école de composition y fut créée, se distinguant par un grand professionnalisme, par un univers de caractères spécifiques et un style musical original. Les oeuvres créées par les compositeurs éminents comme U.Hadjibayli, M.Magomayev,  Z.Hadjibayev, A.Zeynalli, A.Badalbeyli, G.Garayev, Niyazi, F.Amirov, S.Hadjibayov apportent un  certain retentissement à la mussique azerbaïdjanaise dans le monde.
L’opéra d’Uzeyir Hadjibayli de 1908 « Leyli et Madjnun » mit les bases de l’opéra dans l’ensemble de l’Orient musulman. Le ballet « Giz Galasi » d’Affrasiyab Badalbeyli, mis en scène en 1940, fut le premier ballet dans le monde culturel oriental.
Depuis l’antiquité, la musique traditionnelle se développe parallèlement à la littérature azerbaïdjanaise, ainsi que des peuples d’Azie antérieure est l’Avesta, dont la paternité est attribuée à Zardusht (Zoroastre) dans la première moitié du VIIème siècle avant J.-C. Les motifs significatifs du monde mythologique du peuple azerbaïdjanais s’y retrouvent. Le monument le plus ancien et le plus célèbre du folklore écrit azerbaïdjanais l’épopée du  « Livre de Dede Gorgud », poème épique datant de 1300 ans.
Les oeuvres littéraires écrites par nos auteurs classiques et contemporains trouvent leur place dans la culture mondiale. Les oeuvres créées par les poètes et écrivains tels que N.Gandjavi, I.Nassimi, M.Fuzuli, Sh.I.Xataï, M.P.Vaguif, M.V.Vidadi, M.F.Akhundov, N.Vazirov, M.S.Ordubadi, M.A.Sabir, Dj. Mammadguluzade et beaucoup d’autres, gardent toujours leur grande valeur artistique et littéraire.
N.Gandjavi
N.Gandjavi
L’art liée étroitement à la littérature et le théâtre. Les cérémonies et jeux traditionnels jouèrent un rôle primordial dans la formation du théâtre national indépendant. Le théâtre national azerbaïdjanais se caractérise par son réalisme.
L’histoire du théâtre professionel en Azerbaïdjan commence par les comédies de M.F.Akhundov « Le Vezir du Khan de Lenkoran » et « Haji Gara », qui ont été mises en scène à Bakou en 1873. Le répertoire du théâtre azerbaïdjanais, ayant passé un parcours compliqué, se présente assez riche aujourd’hui sur les scènes des théâtres azerbaïdjanais. De nombreux spectacles des écrivains et dramaturges nationaux, classiques et contemporains, se succèdent sur les scènes théâtrales du pays.
L’histoire du cinéma azerbaïdjanais date de l’an 1898. Les premiers films étaient des documentaires sur les actualités (« Explosion du jet de pétrole à Bibi-Eybat »,  « Jet de pétrole à Balakhany », « Fête au jardin municipal », « Danse du Caucase », etc.) et un film de court-métrage (« Tu es pris »). En 1916, le premier film azerbaïdjanais « Règne du Pétrole et Millions », d’après le roman portant le même titre, fut tourné à Bakou. La même année, la première comédie  azerbaïdjanaise fut réalisée à Bakou, sur le sujet de l’opéra de U. Hadjibayli « Archin Mal Alan ».
Le cinéma national acquiert progressivement ses lettres et on tourne actuellement de nombreux films de genre et de style différents qui révèlent le mode de vie du peuple et ses problèmes.
Situé au carrefour entre l’Orient et l’Occident, L’Azerbaïdjan apporte sa contribution au développement du dialogue interculturel. Se reconstruisant et se développant rapidement surtout ces dernières années, notre pays est devenu le lieu d’événements culturels inoubliables. Depuis quelques années, notre pays ancien accueille des conférences et des festivals internationaux de grande renommée : le Festival International du Mugham, le Concours international de jeunes chanteurs de mugham, le Festival International de musique « Rastropovitch », les festivals dédies aux anniversaires des compositeurs et d’éminents musiciens tels que Uzeyir Hadjibayli, Dmitri Shostakovitch, Bul-Bul, le Festival International de Jazz, le Festival International de musique de Gabala, l’Exposition Internationale de peinture de Gabala, le Festival International de Cinéma « Est-Ouest » à Bakou, le Festival International de Théâtre, de la peinture « La Tour de la Vièrge », des Ashygs etc.
Actuellement, de nombreux exemples d’art traditionnel azerbaïdjanais sont exposés dans les plus célèbre musées du monde. Les oeuvres d’art créées par les artisans de Tabriz, Nakhtchyvan, Gandja, Gazakh, Guba, Bakou, Sheki, Shamakha et du Garabagh se trouvent dans les collections des musées célèbres tels que Victoria et Albert Hall Museum à Londres, le Louvre à Paris, le Metropolitan Museum à Washington, à Vienne, à Rome, à Berlin, à Istanbul, à Téhéran et au Caire.

1 commentaire:

  1. Ce blog est vraiment génial pour qui est passionnée comme moi dans ce domaine. J'ai parcouru quelques articles ! Très intéressant et ce dernier en particulier. Je ne sais pas où vous trouvez le temps de faire tout cela, moi j'ai essayé et j'étais vite en panne d'idées. Bon mais je dois être plus paresseuse que vous ! Merci de partager vos idées et votre regard avec les autres. J'aime votre style et je vous lis dès à présent. deco bapteme

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